La Méthode Weinstein appliquée aux marchés financiers contemporains

Connaître une formule financière, c'est bien. Savoir comment elle est construite, c'est mieux ! Voici donc une présentation détaillée de la Force Relative élaborée par la société Mansfield. Cette célèbre formule doit principalement sa notoriété à l'analyste technique et auteur à succès Stan Weinstein qui, à la fin des années 80, l'a fait connaître dans les milieux financiers à travers son ouvrage, devenu culte depuis : Secret pour Gagner en Bourse à la hausse et à la baisse.

Si, par exemple, je vous dis que le cours de l'indice du secteur des médias en Bourse a terminé la semaine, en clôturant la séance de vendredi, à 12.480,60 points, cela ne vous inspire pas grand chose et vous avez bien raison ! En soi, 12.480,60 points, c'est juste un nombre et cela ne nous donne AUCUNE INDICATION quant à la performance actuelle (bonne ou mauvaise) du secteur des médias.

En fait, pour avoir une idée de ce que "vaut" actuellement un secteur d'activité ou une action par rapport au reste du marché, il faut comparer son cours (ici, l'indice sectoriel des médias) à celui du marché (le CAC 40, par exemple). On va donc calculer un cours relatif du secteur d'activité, que l'on notera CR1 par la suite. Le chiffre 1 accolé en indice dans la notation CR1 est uniquement là pour indiquer qu'il s'agit du tout premier Cours Relatif que nous calculerons (car il y en aura d'autres par la suite). Nous avons donc :

Si ce même vendredi, au moment de la clôture, le CAC 40 a terminé la semaine à 5.200,25 points, alors le Cours Relatif du secteur des médias était, vendredi soir, de :

Nous sommes donc en présence d'un secteur d'activité (les médias) qui vaut 2,4 fois plus que le marché. Là, ça commence à devenir intéressant ! Intéressant, mais pas encore satisfaisant... En effet, peut-être que, historiquement, le secteur des médias a toujours valu 2,4 fois plus que le marché. Auquel cas, notre 2,4 actuel n'a finalement rien d'exceptionnel. Pire ! Peut-être que l'année dernière, à la même époque, ce même secteur des médias valait 5 fois plus que le marché !!! Ce qui voudrait dire que sa valorisarion relative a en fait considérablement baissé en un an !

On voit donc que ce qui aurait pu s'apparenter, a priori, à une bonne nouvelle ("Génial ! L'indice des médias vaut 2,4 fois plus que que le CAC 40 !"), peut s'avérer être en réalité une catastrophe ("Horreur ! L'année dernière, il valait plus du double !!!"). Mais alors comment faire ? Quel indicateur retenir pour savoir si, oui ou non, un secteur d'activité est finalement en bonne santé actuellement par rapport au reste du marché ?

La solution a été apportée par la société Mansfield qui a créé la fameuse formule de la Force Relative (que nous noterons FR par la suite) et dont la représentation graphique a été reprise tout au long du livre de Stan Weinstein. Cette formule propose tout simplement - et c'est là son génie ! - de reprendre le dernier Cours Relatif connu pour l'indice sectoriel, celui que nous avons précédemment calculé (notre fameux 2,4), et de voir s'il a progressé ou, au contraire, régressé par rapport à ce qu’il valait dans le passé. Nous allons donc calculer la variation en pourcentage de CR1 rapport à sa valeur passée.

Petit rappel élémentaire concernant le calcul d'une variation entre deux dates :

On multiplie par 100 dans la formule ci-dessus car on souhaite un résultat en pourcentage. De plus, les propriétés élémentaires des fractions permettent de simplifier cette formule en l'écrivant :

Maintenant, il ne reste plus qu’une question à résoudre pour obtenir la formule finale de Mansfield : quelle date prendre pour le Cours Relatif Passé ? Là, c'est assez subjectif. Nous pourrions prendre le CR de l'année dernière, à la même époque, comme évoqué précédemment. Ou encore le CR du mois dernier. Mais, finalement, plutôt que de devoir choisir arbitrairement une valeur dans le passé, Mansfield propose simplement de prendre tous les Cours Relatifs passés et d'en faire une moyenne.

Pour ne pas alourdir les calculs, Mansfield conserve uniquement un historique d'un an pour les Cours Relatifs, ce qui correspond à 52 Cours Relatifs (puisqu'il y a 52 semaines dans une année). Nous avons donc :

Nous obtenons ainsi la formule finale de la Force Relative Mansfield utilisée par Stan Weinstein dans son ouvrage de référence :

Au final, la Force Relative Mansfield ne représente ni plus ni moins que l'écart (exprimée en pourcentage) du cours relatif d'un indice (ou d'une action) par rapport à sa moyenne annuelle.

La dernière question qu'il reste à résoudre est de savoir quel indice de marché utilisé pour le calcul de la Force Relative. Dans l'exemple ci-dessus, nous avons utilisé l'indice CAC 40 dans un souci de simplification pour une première approche du concept de Force Relative. Mais maintenant que nous nous sommes familiarisés avec la formule originale, il apparaît que l'utilisation du CAC 40 n'est pas satisfaisante. En effet, l'indice le plus représentatif du marché français n'est évidemment pas le CAC 40 qui ne compte que 40 valeurs sur les quelques 1 000 sociétés régulièrement côtées à la Bourse de Paris. Le CAC 40 ne donne en effet pas du tout une vision d'ensemble du marché. L'indice le plus satisfaisant à utiliser pour le calcul de le Force Relative est incontestablement le CAC All-Tradable (anciennement SBF-250, et qui compte encore plus de valeurs que cet ancien indice). D'ailleurs, dans le livre de Stan Weinstein, c'est bien le S&P 500 qui est utilisé et non le Dow Jones comme on pourrait le croire. Mais il ne s'agit pas, bien évidemment, d'utiliser ici un indice américain pour calculer la Force Relative de valeurs françaises.